« Un éditeur vous écrit »

Ça, c’est l’intitulé d’un email que je reçois le 21 juillet 2025, les fesses posées sur une serviette de plage à Bandol. Étant une habituée des mails loufoques depuis des lustres, je glousse et le transfère à mon mec (aka, un chef de projet dont je suis le projet) pour qu’on se marre ensemble. La communication, la complicité, tout ça, tout ça. Et sa réponse fuse : « Line, c’est sérieux. Appelle-le ! ».

Ah, bah merde, c’était pas dans mes plans ça. Mon programme chargé de vacances post-partum « sans mec-sans puceron baveux » consistait davantage à glander dans mon lit ou sur la plage, d’avoir la paix et une montagne de virgin mojitos à portée de main. Pas du travail.

« Line, ça ne coute rien de le contacter pour entendre ce qu’il veut te proposer. Au pire, tu perds quelques minutes et tu dis que tu n’es pas intéressée ».

C’est qu’il insiste, l’asticot.

Soit ! j’entends ses arguments. Cet homme est la sagesse incarnée. Mais je suis surtout sensible au fait qu’il commence à m’appeler par mon prénom… un signal clair qui m’indique que c’est « très très sérieux » ce qu’il se passe. On va pas se mentir, on sait tous que « Line, faut qu’on parle » et « Mamour, faut qu’on parle » ne sonnent pas pareil à l’oreille. Et là, je comprends que ça craint pour ma tranquillité.

C’est que, voyez-vous, mon mec est dur en affaires. C’est à cause de lui que je me suis retrouvée à créer un blog y’a dix ans et à rédiger des articles psycho. À cause de lui que je me suis retrouvée sur Instagram à parler de mon activité, à partager mes coups de gueule ou mes pensées (tout en me découvrant une véritable passion pour les vidéos de raton laveur et d’explosion de points noirs). À cause de lui que je me suis retrouvée à bafouiller dans Le Figaro, Elle, Le Monde ou encore sur TF1. Bref : à cause de lui que j’ose sortir de ma zone de confort et que je m’éclate autant dans ma vie professionnelle. Donc mon mec, il est bien gentil, mais je m’en méfie. Parce qu’à coup d’encouragements plus ou moins bienveillants du genre « essaye et vois, tu ne perds rien à tenter », ça peut aller loin cette affaire !

Parce que moi, j’me connais : si je me lance dans un projet, j’y vais à fond. Donc je reste prudente quand on m’invite à expérimenter quelque chose de nouveau, des fois que j’y prenne un peu trop goût…(Lindt et mon banquier peuvent en témoigner).

Et merde, me voilà à ruminer pendant mes vacances. Je suis tiraillée entre la flemme et la curiosité ! Alors après trois coups de soleil, deux piqûres de méduses et un nombre incalculable de taboulés de chou-fleur-quinoa, je trouve l’énergie de rappeler ce drôle de Pierre Féry (l’éditeur des Editions du Rocher). Il me dit m’avoir lu dans Le Figaro dans un article traitant du célibat et qu’il serait intéressé par un livre sur ce thème. Que si je suis partante, je peux lui envoyer un plan du livre à mon retour.

Sur le coup, je ne l’ai pas vraiment pris au sérieux et c’est amusée que je lui envoie une ébauche quelques semaines plus tard, persuadée que ce petit jeu s’arrêterait là. Sauf que non : il me réclame ensuite un premier chapitre avec pour seule consigne un ton léger, drôle et décomplexé. Et c’est ainsi que je me retrouve, en septembre, avec un contrat dans les mains, complètement paniquée.

Encore les idées à la con de mon mec !

Je suis dans le pétrin.

À ce stade, prise en étau entre l’affolement et rire nerveux (je vrille total’), j’hésite encore entre saboter le projet ou négocier certaines petites lignes du contrat « histoire de ». Comprenez : le courage, ça n’est pas donné. Et vu la quantité que ce projet allait m’en coûter, j’avais bien l’intention de le facturer au tarif nuit blanche, dimanche et jours fériés. Parce qu’entre nous, échanger avec vous sur mon blog ou mes réseaux sociaux, « ça va ». C’est plutôt intime. Collaborer avec des journalistes de magazines, radio ou TV, c’est plus stressant mais il s’agit « de quelques phrases sur un sujet qui tombera aussitôt dans l’oubli » (on se rassure comme on peut, hein). Écrire un livre avec une maison d’édition, là, c’est tout autre chose ! Mon syndrome de l’imposteur hurle de terreur devant cette opportunité qu’il juge « absurde », mon anxiété sociale me répète que je vais me ridiculiser devant le monde entier et mon perfectionnisme râle d’avance sur la charge de travail titanesque que ça va demander pour oser terminer ce projet… et de l’assumer. Quant à ma procrastination, elle ricane devant ce spectacle digne de Broadway, puisqu’elle sait qu’elle va bientôt entrer en scène.

En clair, tout mon cerveau gueule que je dois décliner l’offre. Et il est très convaincant.

Sauf qu’il y a quelques années, je me suis faite une promesse : celle d’arrêter de donner du pouvoir à mes peurs. Pendant longtemps, je les ai écoutées comme des amies protectrices au point qu’elles influençaient mes choix et prenaient en douce le contrôle de ma vie. Et ça, je ne veux plus. Je ne veux plus qu’elles décident pour moi. Je veux vivre pleinement ! Alors depuis quelques temps, quand j’ai peur, je fonce au lieu de reculer. Kamikaze peut-être mais au moins j’ai des anecdotes rigolotes à raconter à l’apéro. Parce que raconter avoir été filmée en train de présenter maladroitement sa couverture lestée au JT suisse, ça anime une soirée. Alors un flop littéraire, vous n’imaginez même pas ! Mes amis sont en folie. Avec tout ça, heureusement que j’ai des mécanismes de défense efficaces et de l’auto-dérision en bouclier, j’vous l’dis.

Bon, clairement, cette stratégie n’est pas à appliquer en toute circonstance alors pour vous aider, je vous partage la petite phrase que je me répète dans ces moments-là :  « Si j’écoute cette peur, est-ce que je risque de regretter, plus tard, d’être passée à côté ? ». Vous avez quatre heures.

Sauf qu’il y a des moments où prendre le temps de réfléchir soulève encore plus d’angoisse et où l’impulsivité a dû bon. Alors sur un coup de folie, j’ai accepté. J’ai donc pondu un livre.

Moi.

Même rédiger ce texte, vous faire cette annonce est surréaliste. Mais bon, passons !

Ce bouquin, je l’ai écrit pour celles et ceux que la thématique amoureuse concerne mais aussi en pensant à d’autres. À moi, d’abord, afin de me prouver que j’étais capable de surmonter mes peurs. Et aussi à toutes les personnes que j’accompagne en thérapie et à qui je demande de se dépasser. Pour eux, je dois être droite dans mes pompes et leur montrer que, moi aussi, j’applique ce qu’on voit en séance. Parce que oui, je sais ce que c’est que d’avoir envie, et de rester figée. Oh , jugez moi si vous voulez mais vous savez, les psys aussi ont leur lot de névroses.. À la différence qu’on est juste plus outillé pour y faire face ! Alors si je veux les encourager à se transcender, je dois me mouiller aussi. Et là, c’est un gros plongeon.

Alors voilà. Je vous annonce la sortie de mon premier livre : J’voudrais qu’on m’aime. Il sortira en février 2027. Et avec lui, je dépoussière ce blog et mes réseaux, laissés en berne pour pouponner et pour écrire.

D’ici là, je vous présenterai un par un les trois zigotos qui ont failli m’en empêcher (l’imposteur, l’anxieuse, la perfectionniste). Vous pouvez d’ailleurs dès à présent vous inscrire à la newsletter ou vous abonnez à la page insta si vous voulez suivre le feuilleton de mes angoisses et les astuces que j’ai mis en place pour les défoncer. Ou si vous voulez tout simplement en savoir plus sur le livre qui arrive très bientôt dans vos librairies préférées. J’en parlerai davantage au fur et à mesure…

Je vous avoue que j’ai terriblement peur, putain. Mais je suis aussi fière d’avoir relevé ce défi.

Reste maintenant à savoir si le livre vous plaira !


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