L’équithérapie: le cheval partenaire de la thérapie

En tant qu’amoureuse de la nature et des animaux, cela fait un moment que je voulais vous parler d’équithérapie sur le blog ! Dans ma pratique, j’ai déjà pu observer en consultation à quel point la simple présence d’un animal pouvait détendre un patient et faciliter l’échange. Un ronron apaisant par ci, une gueule baveuse et amicale à papouiller par là soulagent une atmosphère parfois tendue. J’avais donc envie de comprendre ce qu’il pouvait se passer pour le patient quand le cheval devenait pleinement médiateur et partenaire de la thérapie.

Je suis donc partie à la recherche d’un.e psy formé.e à cette pratique et ça m’a pris trois plombes ! Fort heureusement pour nous, Adeline VÉGREVILLE a accepté de nous parler de son métier.

Adeline est psychologue et praticienne en médiation équine depuis maintenant plusieurs années dans le Morbihan. Après l’obtension de son master en psychologie sociale, elle poursuit ses études avec plusieurs DU spécialisés dans la pédopsychiatrie et dans les TCC. Passionnée par les chevaux depuis toujours, elle décide de se former à l’équithérapie et est membre du réseau Equivalence(c). Véritable touche-à-tout, Adeline propose des thérapies assistées par le cheval pour les ados et accueille dans son cabinet ou en téléconsultation des adultes. Pour en savoir plus sur ses différentes activités, voici son site internet !

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Médiation équine, équithérapie, de quoi parle-t-on ?

En France, la médiation équine a fait son apparition dans les années 70, au cours desquelles est apparue l’association HANDICHEVAL, initiée par une psychomotricienne et une kinesithérapeute, destinée à des personnes en situation de handicap. A partir de cette entité, diverses structures verront ensuite le jour et s’attacheront à développer la médiation équine afin de l’inclure dans l’accompagnement d’un large public. Bien que les dénominations de ce champ d’intervention soient multiples et peuvent parfois se confondre, on emploie généralement le terme “équithérapie” ou thérapie assistée par le cheval, dont la visée est thérapeutique et tend à améliorer la qualité de vie des personnes en proie à des difficultés psychologiques, relationnelles ou encore cognitives (mémoire, attention, langage, repérage dans l’espace…).

Équithérapie, équicie, équicoaching… ces appellations renvoient à des cadres d’interventions et dispositifs divers, en individuel ou en groupe, certains peuvent mobiliser le cheval monté, à travers le portage tandis que d’autres ne s’appuieront que sur les interactions à pieds, selon les objectifs préalablement définis. Ainsi, ce champ d’action recouvre des pratiques bien spécifiques dont les délimitations apparaissent parfois floues. D’une façon générale, la médiation équine englobe un ensemble de pratiques incluant le cheval comme animal médiateur.

Les principes de base de l’équithérapie :

L’un des principes de base sur lequel repose l’équithérapie est que l’animal ne juge pas et ne se nourri pas d’attentes idéalisées. Il fait preuve d’acceptation inconditionnelle envers la personne. L’animal va faire l’objet, au cours de ces rencontres avec les bénéficiaires, d’identifications et de projections, il favorise une relation basée sur un attachement dit « sécure ».

La thérapie assistée par le cheval, qu’elle se réalise à pieds ou à cheval, met en mouvement le corps et l’esprit. L’animal dispose de capteurs émotionnels et interagit à partir d’un langage non verbal. L’interaction avec le cheval ouvre la voie à une communication basée sur les mouvements corporels, la motricité, les mimiques et la gestuelle à laquelle l’intervenant accorde une attention particulière. Le cheval dispose d’un registre sensoriel particulièrement développé, directement connecté à notre registre émotionnel et à nos mouvements corporels, il nous invite à développer cette cohérence entre nos pensées, émotions et la façon dont elles se traduisent par notre attitude et nos comportements. Autrement dit, cette interaction avec l’animal s’appuie sur un principe de congruence.

psy cheval équithérapie

DÉROULEMENT D’UNE SÉANCE

En équithérapie, le contenu des séances proposées peut varier d’un intervenant à l’autre selon ses formations, le public auquel s’adresse ces séances et les objectifs posés. On retrouve toutefois bien souvent dans une séance, un temps consacré au pansage (brossage) au cours duquel le bénéficiaire est invité à prendre soin de l’animal, prendre contact avec son pelage doux et chaud, mobiliser sa sensorialité toute entière pour aller à la rencontre de l’autre, instaurer avec lui une relation de confiance.


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Cette découverte à travers ses sens, permet à l’individu d’accéder à son monde interne, de percevoir les limites de son corps, de réorganiser ses perceptions et d’amorcer un travail de pleine conscience. La construction du lien au fil des rencontres va passer par une conscience de soi et de l’autre. Il pourra par exemple être proposé au patient de porter son attention sur sa respiration et sur celle du cheval, d’être attentif aux mouvements de cette respiration et de synchroniser progressivement celle-ci. Il n’est alors pas rare d’observer le cheval se détendre lui-même progressivement au fil de l’exercice, à mesure qu’il perçoit le relâchement du patient qui accompagne le mouvement de chaque inspiration et chaque expiration, sa main délicatement posée sur le ventre de l’animal.

Ces éléments mettent en lumière la place du thérapeute dans cette interaction, garant du cadre, il doit être particulièrement vigilant à certains paramètres, notamment la sécurité du patient et le respect de l’animal. Outre ses compétences dans le domaine du soin et de la relation d’aide, l’intervenant dispose quant à lui de compétences équestres et d’une bonne connaissance des chevaux mobilisés afin de garantir la sécurité et le bon déroulement de ces séances.

cheval et brossage

INFOS PRATIQUES

Le public et les difficultés :

Il n’y a pas d’âge pour en bénéficier, petits et grands trouveront leur place ! La médiation équine peut être employée dans l’exploration et le développement des habiletés sociales et des compétences émotionnelles. Pour interagir avec l’animal, le patient est amené à élargir son registre comportemental. Cette flexibilité dont il doit faire preuve afin que le cheval réponde à ses sollicitations verbales et corporelles, va mobiliser ses capacités d’adaptation, de gestion des émotions ou encore d’affirmation de soi.

A partir de ses réactions et des retours de l’intervenant, le patient pourra progressivement prendre conscience du caractère dysfonctionnel de certaines de ses réponses et s’orienter vers la recherche de comportements alternatifs qu’il pourra transposer dans ses relations avec les autres.

La formation des équithérapeutes:

Cette forme de médiation peut être proposée par des intervenants de différents horizons, issus du champ médico-social, du développement personnel, ou encore de l’enseignement équestre. Ces pratiques qui semblent accessibles à tous sans conditions préalables et réglementations strictes (le titre d’équithérapeute n’est pas protégé), sont au cœur de certains débats générant ainsi des ambiguïtés en terme d’identité professionnelle.

Le Syndicat Interprofessionnel des Praticiens de la Médiation Equine (SIPME) exprime son souhait d’assurer une meilleure cohésion de la filière. Il propose par ailleurs un annuaire en ligne de professionnels formés à cette approche.

médiation cheval

L’ÉQUITHÉRAPIE, CONCLUSION

Ainsi, l’équithérapie ou encore la thérapie assistée par le cheval, ne nécessite pour les bénéficiaires, aucune compétence équestre. Enfants, adolescents, adultes, elle est proposée à un large public sous des formes variées et au sein de structures diverses. Elle peut se déployer parfois mêmes dans certains centres hospitaliers. Il est alors essentiel de s’assurer que les patients ne présentent aucune contre-indication médicale à cette activité telles que des allergies et qu’ils sont eux-mêmes réceptifs à cette proposition. Par ailleurs, cette approche psycho-corporelle est également couramment proposée à des enfants et adolescents qui rencontrent des difficultés à s’engager dans une psychothérapie par la parole, en face à face.


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4 Comments

  1. Coline

    Merci, je commence bientôt un stage en psychologie de l’enfant lors duquel j’espère avoir la chance de participer à des séances d’équithérapie avec une éducatrice. Alors quand j’ai vu le thème de l’article du jour, j’ai foncé ! Très intéressant. 😊

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