Reconnaître un psy qui déraille

Dans cet article, il ne s’agit pas de savoir si votre psy est bon ou mauvais. La relation thérapeutique qu’entretient un patient avec son thérapeute est propre à chacun. La rencontre avec un professionnel, c’est un feeling, un ressenti. Ainsi, vous pouvez considérer que tel psy est « mauvais » parce qu’il ne vous convenait pas mais il peut très bien être « bon » pour quelqu’un d’autre ou inversement. Nous allons donc aujourd’hui porter un regard sur quelque chose de plus concret:  sa pratique.

Qu’est-ce qu’un psy qui sort du cadre classique de la thérapie ?

 

Les indices qui mettent la puce à l’oreille :

    • La proximité. Bien qu’une relation de confiance s’installe progressivement et que vous vous confiez à lui, un psy n’est pas un ami. Il se doit de maintenir une distance professionnelle « juste ». Il est donc anormal qu’en thérapie il impose le tutoiement, qu’il vous invite à le retrouver en dehors de vos séances (café, dîner), qu’il soit trop familier dans ses actes et ses paroles (un contact physique déplacé / qu’il parle beaucoup trop au lieu de vous écouter) ou au contraire, qu’il soit trop distant, hostile. En clair, si votre thérapeute vous met mal à l’aise ou si au contraire, vous le considérez comme un ami, c’est que ce n’est pas le bon.
    • tristePosition de toute puissance. Lorsqu’un psy vous encourage à le joindre à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, qu’il vous juge, manque d’empathie, se vexe lorsque vous n’êtes pas d’accord avec lui ou encore vous donne des ordres parce qu’il « sait mieux que vous », vous avez à faire à un thérapeute condescendant. En temps normal, un psy n’impose pas ses idées et vous accompagne avec bienveillance, à votre rythme. Un professionnel qui affirme sa vision des choses et qui laisse peu de place à votre interprétation est une personne qui se met en position de supériorité. Au fil du temps, ça peut entrainer pour le patient une certaine dépendance vis-à-vis de son thérapeute alors qu’il se doit de vous accompagner vers une autonomie.
  • Confidentialité. Si vous surprenez votre psy en train de critiquer un autre de ses patients c’est qu’il fait preuve d’un profond manque de respect envers sa patientèle.

A lire aussi: Comment choisir son psy ?


Si ces comportements vous questionnent et vous font fuir, changez de thérapeute et dénichez le bon !

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18 commentaires

  1. Salut. Je suis contente de découvrir ton site car je trouve le concept très intéressant. Tu réponds à des questions que l’on n’ose pas forcément se poser. J’exerce aussi dans le domaine de la santé (IDE) et ce genre de sujet m’intéresse beaucoup. La juste distance et la relation de confiance sont des concepts assez variables et c’est important d’en parler.
    à Bientôt ;D

    Marine (DeuxAimes)

    • Line Mourey

      La démarche d’aller rencontrer un psy n’est pas facile pour tout le monde alors il m’a semblé important d’informer pour rassurer. Je suis heureuse de savoir que mon article a convaincu des collègues du domaine de la santé 😀 Merci encore pour ton retour très positif !

  2. Super article. En effet, je trouve qu’il est très important de choisir « le bon psy », et c’est un peu propre à chacun aussi, comme tu le dis si bien. Je suis aussi dans le domaine médical. Psychologue est un métier que j’aurais aimé exercer, cela doit être très intéressant!

    • Line Mourey

      C’est propre à chacun, absolument ! C’est une relation d’humain à humain et nous ne nous entendons pas avec tout le monde !

      Le domaine médical est vaste et passionnant ! Tous les métiers sont intéressants et complémentaires d’où le fait de travailler en équipe pluridisciplinaire, le partage du savoir…

  3. J’aime beaucoup ton blog et tes articles sont très intéressants, notamment pour s’y retrouver un peu entre les différents psy- ! 😉

    J’ai consulté 2/3 psy(-chiatres ou -chologues je ne sais plus…) quand j’étais plus jeune et ça a été une mauvaise expérience, qui fait que j’ai laissé tomber et me suis en quelque sorte débrouillée toute seule … L’un se contentait de me faire remarquer que je me sentais mal et triste, une autre a insinué que c’était de ma faute et que je devais me bouger pour aller mieux !

    • Line Mourey

      Absolument d’accord. Une bonne distance est à convenir, une distance « juste » pour que la confiance et la thérapie s’installent 🙂
      Faire de son psy un copain ou choisir son copain comme psy n’est vraiment pas la solution…

  4. Andye

    Moi j’avais consulté une psychiatre qui s’était collée à moi, mais collée littéralement physiquement à moi une fois à la fin d’une consultation tout en parlant comme si de rien, j’étais mal à l’aise à un point comme c’est pas permis.
    en sortant de son bureau, j’ai eu un fou rire nerveux tellement son comportement était déplacé, bon ok je sens bon Yves Saint Laurent mais quand même hein un peu de tenue..
    Sans oublier le fait qu’elle passait son temps à inventer des prétextes pour que je passe à son cabinet en coup de vent, je la voyais tous les 15 jours.
    Ses actes manqués aussi, comme oublier de mettre sa signature sur une feuille de soins, ou oublier carrément de mettre la raison de mon arrêt maladie sur ledit arrêt, et j’en passe… je la trouvais beaucoup trop familière comme si elle prenait son cabinet pour le bar du coin.
    2 mois et demi seulement de consultations avec elle, ça a tourné au vinaigre quand elle m’a intoxiquée aux psychotropes, que j’ai fini aux urgences d’un hôpital parisien, et que pour cacher son erreur, elle a voulu me faire interner abusivement en me calomniant totalement, et heureusement j’étais avec ma mère et que l’urgentiste a percé à jour ma situation et m’a dit de changer de médecin. Tout ceci s’est soldé par une convalescence très longue, quelques soucis de santé que je soigne encore, un arrêt prolongé maladie, et en prime cette psychiatre a coupé tout contact le jour même où je souffrais le martyre aux urgences, disparue dans la nature, évaporée, sans prendre aucune nouvelle de mon état de santé, sans demander son reste, me laissant en rupture de soin de manière unilatérale, c’est à dire dans un vide total de suivi médical. Heureusement je connaissais un psychiatre-psychanalyste, qui m’a reçue en urgence, à qui j’ai expliqué ce qui m’arrivait, et qui a été totalement catastrophé, il s’occupe désormais de moi et très bien.
    voilà les psychiatres.. je le dis, la confiance ne règne pas mais alors carrément pas..
    je crois que cette histoire, c’est le bon ou pas, il faut pas déconner, il y a objectivement des psys dangereux. Et ça il ne faut pas le nier… le truc du feeling, euhh.. je suis désolée mais une relation thérapeutique ce n’est pas une relation amoureuse, savoir si on tombe sur la bonne personne ou pas et changer si c’est pas le bon, ça me laisse rêveuse ce genre de raisonnement..
    on ne va pas voir un psy comme on va sur un site de rencontre pour trouver la bonne personne et se marier..
    un psy est compétent ou il l’est pas, c’est simple. Nulle question de feeling ou de ressenti.
    Je suis une personne rationnelle, et si une femme inconnue se colle à moi au rayon fruits et légumes d’un market, se met à me parler alors que je tripote des pommes, et que je lui ai rien demandé, je penserai simplement que je lui plais et qu’elle veut avec moi humm humm..

    enfin pour tout ça, il y a une phrase conne, en style résilience : C’EST LA VIE..

    • Line Mourey

      Bonjour Andye,

      Veuillez excuser ma réponse tardive… j’ai été très prise dernièrement et j’ai dû mettre de côté mon blog un bon mois. Mais me revoilà et merci pour votre commentaire et ce partage d’expérience ! Les échanges sont toujours riches.

      Vous semblez dubitative quant à ma « théorie du feeling » (appelons-là comme ça !) qui consiste à écouter son ressenti lors d’une rencontre et vous avez le droit ! Je vais développer un peu le concept car peut-être qu’au fond, nos opinions peuvent se rejoindre !

      Choisir son psy est effectivement tout un art et cela peut prendre un certain temps. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une rencontre entre deux humains et que personne s’entend avec tout le monde. Dans la vie, nous faisons toute cette expérience: il y a des personnes que l’on sent et d’autres qu’on ne peut pas « piffer » d’instinct. D’où le fait d’être attentif à son propre ressenti lorsqu’on rencontre son psy pour la première fois. Et oui, un seul thérapeute ne peut pas convenir à tous les patients. Il faut parfois en rencontrer plusieurs…

      Donc, dès le premier entretien, il est très important de se demander si cette personne nous inspire confiance et si on se sent à l’aise à ses côtés ! Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux arrêter là et rencontrer un autre professionnel. En effet, pour qu’un travail thérapeutique se mette en place et nous soit bénéfique, il est nécessaire de bâtir une relation de confiance. Ce professionnel va nous accompagner un certain temps dans notre vie et nous aider à cheminer… si la méfiance s’installe car il n’y a pas de confiance, on ne pourra pas se livrer, se confier et donc on ne pourra pas avancer sereinement. Une relation de confiance se construit avec une juste distance professionnelle et ne correspond pas du tout à une relation amoureuse.

      Et j’ajouterai d’autre part qu’un psy ne peut pas travailler avec tout le monde, lui même doit être attentif à son ressenti. C’est une rencontre où chacun est d’accord pour travailler avec l’autre.

      Bref, je parle beaucoup ! Je vais donc terminer sur ce dernier point:
      Je suis d’accord avec vous, certains psys sont compétents et d’autres non. Comme dans tout milieu professionnel… De plus, certains psys seront jugés incompétents pour certains et compétents pour d’autres. Comme expliqué plus haut, les relations thérapeutiques sont très subjectives et dépendent de chacun. Cependant, ce qu’il s’est passé avec votre psychiatre semble dépasser le cadre thérapeutique « classique ». A partir du moment où un professionnel se permet d’avoir des gestes/remarques inappropriés, vous avez le droit d’arrêter le travail mis en place et de partir. Selon la gravité des actes, vous avez également le droit de porter plainte, de signaler le professionnel à l’ARS (Agence Régionale de Santé) et de contacter l’ordre des médecins (vu qu’il s’agit d’un médecin psychiatre).

      En vous souhaitant une bonne continuation !

  5. Intéressant ton article ! J’ai consulté il y a 3 ans un psychologue, car j’avais développé une réelle phobie scolaire qui m’empêchait de poursuivre mes études. Je n’y allais pas, devant le portail je faisais une véritable crise et j’ai donc décidé d’aller consulter un psychologue pour gérer ce problème. Résultat, malgré une première séance qui m’a convaincue, les autres étaient vraiment pas terrible du tout… Elles ne m’aidait pas ! Je n’arrivais pas à me confier, j’avais l’impression d’être juger, ils ne me donnait pas vraiment de conseils, n’était pas très compréhensif. J’ai donc arrêté ! Et à ce moment il s’était confié à ma mère en disant que de toute façon ça ne servait à rien que je le consulte… Finalement je n’ai jamais résolu ce problème de phobie scolaire, j’ai abandonné mes études pour créer ma propre entreprise 🙂 Ce qui au final est pas plus mal.

    • Line Mourey

      Pour savoir si son psy nous convient, c’est vrai qu’il est bien de se laisser 3 séances pour se faire une idée. Ce que tu as fait mais ça n’a pas accroché plus que ça. Le sentiment d’être jugée, d’être incomprise n’aide effectivement pas à créer un lien de confiance…

      Malgré tout, tu as pu rebondir seule, en t’appuyant sur tes propres ressources et c’est génial ! 🙂

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