Fatigue pandémique: je me lasse du COVID-19

Depuis quelques mois, j’accueille régulièrement des personnes souffrant de “fatigue pandémique”. Je les écoute me raconter leur lassitude, leur impuissance, leur frustration ou leur énervement face à la situation actuelle. Certaines viennent me voir avec la conviction que MOI, j’ai LA SOLUTION pour contrecarrer ce bordel, pour les soulager de ces sensations désagréables. Ce que je me retiens de dire, c’est que moi aussi, je traverse plus ou moins la même chose qu’eux. Moi aussi, je me sens épuisée, lourde, parasitée et lassée.

Et cet état a un nom ! Il s’agit de la fatigue pandémique. Dans cet article, je vais tenter de vous expliquer en quoi elle consiste et comment s’aménager des solutions pour l’atténuer.

LA FATIGUE PANDÉMIQUE

C’est quoi ?

Selon l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé), la fatigue pandémique serait “une réponse naturelle et attendue face à une crise de santé publique prolongée” accentuée par les “mesures restrictives ayant un impact sans précédent sur la vie quotidienne de chacun”. La conséquence majeure de cette fatigue pandémique (au-delà de la surconsommation d’antidépresseur et d’anxiolytique), c’est le relâchement des mesures sanitaires et la propagation du virus par négligence.

Si j’ai bien compris ce qu’essaye de nous expliquer l’OMS, c’est que nous serions fatigués de la situation et que plus elle dure, plus on désobéit (en acceptant les apéros chez Roger à 21h par exemple).

Nous serions donc épuisés de faire attention à chaque geste barrière, à envisager l’autre comme porteur d’un danger, à calculer les distances entre chaque individu ou à passer des heures à se laver les mains dès qu’on touche le moindre truc, etc. Nous serions également lassés du manque de vie sociale ou culturelle, de l’impossibilité de se projeter et de s’organiser ou encore de l’incertitude économique.

Cet état de fatigue se traduit par de l’anxiété, du stress, une dépression, des troubles du sommeil, d’une dérégulation émotionnelle (diminution des émotions positives et augmentations des émotions négatives), d’un sentiment de détresse prolongé, d’une difficulté à se concentrer, etc. Donc si j’ai bien compris, on en a marre du COVID-19 et ça porte un nom.

Ça touche qui ?

D’après de récentes études, les premiers concernés par cette fatigue pandémique seraient:

  • Les étudiants, se sont eux qui vivent ces restrictions de liberté de façon la plus frustrante.
  • Les inactifs ou personnes âgées qui se retrouvent isolées de leur famille et en manque de soutien social.
  • Les personnes étant dans une situation précaire d’un point de vue économique.
  • Les personnes ayant des antécédents de troubles psychologiques se trouvent aussi plus fragilisées face à la pandémie.

Pour illustrer ce bilan, on remarque depuis septembre 2020 une multiplication par deux des états dépressifs et ce phénomène ne touche pas uniquement la France.

personne fatiguée et déprimée

DES SOLUTIONS

Alors face à ce constat, le gouvernement appelle à “prendre soin de soi” afin d’atténuer les effets de cette fatigue pandémique sur la population.

Au-delà de l’injonction gouvernementale à “aller mieux” qui est discutable compte tenu de la situation anxiogène, je vais essayer de vous partager quelques pistes de réflexion afin de mieux vivre le contexte actuel.


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Hygiène de vie générale:

  • Maintenir un rythme régulier de sommeil.
  • Manger le plus possible équilibré et limiter les excitants comme l’alcool par exemple qui favorise l’anxiété.
  • Pratiquez une petite activité physique régulière histoire d’évacuer les tensions et de bouger un peu. Prendre l’air a des vertus anti-déprime !

Travail:

  • Faites de votre mieux tout en gardant en tête qu’on ne peut pas être au top de sa forme en ce moment. Offrez-vous un peu de bienveillance et de tolérance envers vous-même.
  • Et surtout, n’oubliez pas de faire des petites pauses régulières dans votre journée.
  • Pour les personnes en télétravail, maintenez un “cadre” de travail avec un espace dédié, des horaires, etc. Et les pauses, ce n’est pas étendre le linge ou ranger la vaisselle, je vous vois venir…!

Loisirs:

prendre soin de soi
  • Limitez l’exposition aux informations anxiogènes (JT, médias, réseaux sociaux, etc.).
  • Fixez-vous des petits objectifs (simples et réalisables) pour entretenir votre motivation quotidienne ! Nouvelle recette, nouvelle activité manuelle, etc.
  • Profitez de la slow life actuelle pour prendre un bain, vous faire un masque, écouter de la musique, regarder une série, etc. Bref, une activité de détente.
  • Gardez aussi de courts moments d’ennui, ça booste la créativité et l’introspection !

Lien social:

  • Gardez le contact avec vos proches qu’importe la manière. Riez, échangez, pleurez, râlez, vivez ! Nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin d’être en contact avec nos congénères.

Émotions et pensées:

  • C’est OK de ne pas être OKen ce moment. Il est normal de se sentir déprimé, impuissant, anxieux ou las et nous pouvons l’accepter.
  • Verbaliser vos émotions.
  • Offrez-vous des moments de relaxation: respiration, yoga, méditation, etc.
  • Agissez sur vos pensées parasites qui amplifient nos émotions négatives en prenant un peu de distance, en modifiant votre point de vue.

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aller mieux ensemble

Si votre état psychique vous préoccupe, vous pouvez toujours consulter votre médecin généraliste pour faire le point. Il saura vous conseiller d’aller rencontrer un psy si besoin ! Et surtout, gardez en tête que la situation actuelle dure (oui), mais qu’elle reste temporaire.


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2 Comments

  1. Cet article tombe à pic, je suis en plein dedans… Je crois qu’apprendre que selon un sondage les jeunes de mon âge ne veulent pas se vacciner n’a pas arranger les choses, je veux dire… ils sont les premiers à gueuler qu’ils veulent sortir de leur studio mais ils refusent une petite piqûre ? Et on sort de cette merde comment si tout le monde réagit comme ça ? (je m’emporte toute seule, désolée…)

    Je pense que, si je découvre assez tard que j’ai ça, c’est que mes émotions négatives sont globalement plus fortes que les positives, et que j’ai tout le temps des troubles du sommeil, du coup je n’avais pas de signes à voir, puisqu’ils sont tout le temps un peu là…

    Je pense que pour moi le nerf de la guerre ce sont les pensées parasites !

    Merci beaucoup pour cet article 😀

  2. Mamiechocolat

    Merci pour ces articles sympas.
    Un jardin qui me permet de jardiner. Des petits enfants et enfants et des amis que j’ai pu voir régulièrement mais moins et moins bien , bien sûr… Mais privilégiée tout de même. Et pourtant je me suis comme débranchée, déprimée. Une grosse difficulté tout de même : un tête à tête difficile avec un compagnon, de surcroît gravement malade. On a tellement besoin d’une vie sociale dans ces conditions.
    Je pense beaucoup à tous ces étudiants qui ont tellement besoin de vivre. Et je pense aussi à tous ces actifs qui ont ete plongés dans des difficultés tellement variées et pour certains innimaginable de stress.
    Bientôt on va revivre !
    Belle vie à tous.

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