Les pires clichés sur les psys !

Alalalala, je crois que depuis la création de ce blog, je rêvais de faire un article sur les clichés rattachés aux psys !

Pour la petite anecdote personnelle, lors d’une soirée avec des amis, on m’a questionnée sur mon métier: « Line, si tu es psy, tu dois deviner le prénom du serveur ! ». Je vous le mets dans le 1000, j’ai deviné je-ne-sais-pas-comment le fameux prénom (Nicolas du Flam’s St Lazard, si tu me lis…), ce qui bien sûr, a davantage renforcé leurs croyances et leurs stéréotypes sur les psys.
J’ai donc eu envie de me pencher sur la question ! Et non, les psys ne sont pas télépathes !

Les bons psys sont vieux.

T’entends ça, Freud ? Hein, t’entends ça ?! Vieux barbu, va…..

L’une de mes craintes en sortant de mes études était que les personnes me confondent avec la « stagiaire ». Il faut bien avouer qu’à la vingtaine, même avec un bac+5 en poche, on a encore une bouille de bébé. A chaque fois qu’on m’appelait « Madame », c’était une victoire ! Fort heureusement pour moi, cet amalgame ne s’est jamais produit.

L’âge ou le genre n’ont en effet rien à voir avec les compétences d’un professionnel. Ce n’est pas parce qu’un psy homme ne vivra jamais une grossesse qu’il est incapable d’accompagner une femme durant cette période. Pareillement, ce n’est pas parce qu’un psy ne souffre pas de troubles psychiatriques qu’il ne peut pas accompagner des patients souffrant de troubles bipolaires, borderline, etc… Au contraire !

Les professionnels n’ont pas besoin d’avoir vécu la même expérience que leurs patients pour travailler sur leurs problématiques. Ce sont leurs formations, stages, conférences et leurs lectures qui leur donnent une expertise et des connaissances suffisantes pour le faire. Il m’est donc déjà arrivé de proposer de la guidance parentale à des parents, n’étant moi même pas maman. Et cela n’a posé aucun souci pour le suivi.

Donc que le psy soit jeune, vieux, gros, maigre, homme, femme, roux, blond, avec des dents ou sans dents, c’est le lien de confiance que le thérapeute et son patient tissent ensemble qui est important.


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Les psys aiment l’argent.

Allez, j’avoue ! Mon petit plaisir du soir, c’est de compter mes billets pour m’endormir. Certains comptent bien les moutons…

Un psychologue peut travailler dans le secteur privé et dans le secteur public. Concernant le prix des consultations dans le privé, elles ont effectivement un coût. Entre 40 et 80 euros en moyenne selon les régions.

Cela peut s’expliquer par plusieurs choses:

argent
  • Le loyer du cabinet plus ou moins élevé en fonction du secteur géographique. Si vous consultez dans une grande ville ou à la frontière de la Suisse/Luxembourg, les prix seront plus chers qu’en campagne.
  • L’URSSAF prend au minimum 23% du chiffre d’affaire du thérapeute par mois. Et si le psy est auto-entrepreneur, il ne peut déduire aucune charge.
  • Les impôts professionnels. Le psy verse chaque année une somme aux impôt, c’est la Cotisation foncière des Entreprises. En plus bien sûr, des autres impôts.
  • Charges en tout genre comme l’électricité du bureau, le chauffage, l’eau, les assurances professionnelles, frais de transport, frais d’abonnement téléphonique, frais d’hébergement du site professionnel. Pis alors, si on rajoute Doctolib….
  • Les formations supplémentaires que le psy se finance lui-même.
  • La supervision que le psy se paie aussi. Vous savez, le superviseur est le maitre Yoda du psy, le psy du psy.
  • Et enfin, après tout ça, il reste le salaire du psy.

En revanche, dans le secteur public, les consultations sont effectivement gratuites pour les utilisateurs ou payées par la sécurité sociale. Mais le salaire du thérapeute n’est pas mirobolant. Il n’est pas rare pour un jeune diplômé de toucher 1200/1300 euros net en début de carrière. Pour un bac+5, ça fait mal.

Bien qu’il soit possible de bien gagner sa vie en étant psy, je crois que pour faire ce métier, on doit être motivé par autre chose que l’argent !


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Comment consulter gratuitement ?


Les psys analysent tout, tout le temps.

Enfin, ça dépend de combien t’as sur toi… Parce que j’fais pas semblant de travailler gratos, hein ! J’ai des valeurs.

C’est une crainte que beaucoup partagent et qui me laisse souvent perplexe. Lorsque je parle de mon métier dans ma vie personnelle, j’ai pu observer deux types de réactions:

  • OH NAAAAN ! Tu vas m’analyser. Je ne vais plus rien dire.
  • AH OUAIS ?! Trop bien. Alors justement, je voudrais ton avis sur une situation. Avec mon mec…(blablabla de 20min)… Tu en penses quoi ?

Alors, je suis peut-être bizarre mais j’me dis que quand vous rencontrez un proctologue en soirée, avez-vous peur qu’il ausculte votre anus ? Comme ça sur son temps libre, gratuitement, sans prévenir et sans demande de votre part ? Pour nous, les psys, c’est pareil ! Un anus c’est intime, la psyché aussi. On ne bosse pas sur notre temps libre et on laisse notre cerveau au bureau. Tout est une histoire de contexte !

Je pense que ces réactions (légitimes) viennent de la méconnaissance de notre métier. On les remarque d’ailleurs souvent chez ceux qui ne sont jamais allés chez un psy.

Aller voir un psy est une démarche personnelle et volontaire. C’est le patient qui sollicite un psy et non l’inverse ! Et cette rencontre est organisée sur un temps professionnel.

Dans un cadre privé, le thérapeute n’a plus sa posture professionnelle. Il ne va donc pas questionner vos traumas d’enfance, le lien que vous avez avec votre mère et ne cherchera pas à apporter des réponses à vos problèmes. Il veut se détendre, éventuellement parler de sa vie et passer un bon moment en votre compagnie.

Les psys font leur liste de courses en séance. Ils font semblant d’écouter.

Lait, chocolat, céréales, couches… Ah ! Il fait bien de me parler de ses pannes sexuelles, il me faut justement des préservatifs…. J’espère qu’il y aura pas trop de monde au Super U, j’aime pas faire la queue. Gel douche,…

psy qui prend des notes

Certains psys prennent des notes, certains non. Chacun a sa manière de travailler. Personnellement il m’est plus confortable de prendre des notes. Cela me permet de mettre en évidence les paroles importantes du patient, de mettre en ordre ses pensées, de laisser une trace de ce que le patient nous dépose.

Et puis, notre mémoire n’est pas infaillible, les personnes qu’on rencontre nous donnent tellement de détails, leurs discours sont si riches qu’il faut parfois marquer quelques mots clés.

Il m’arrive parfois de faire des schémas sur mes notes (tableau, cercle vicieux) à la suite du discours de la personne et je lui présente d’ailleurs. Ça nous permet d’en discuter et de mettre en évidence la compréhension de son fonctionnement.

Ainsi, bien que mes notes soient personnelles et privées, il m’arrive en séance de les montrer quand cela peut avoir du sens pour le patient.

Tout le monde est psy, c’est facile d’écouter !

P’taiiiiiin, 5 ans d’étude, des stages, deux mémoires pour rien. J’ai l’seum. Si j’avais su…

C’est une phrase que j’entends assez régulièrement par les personnes qui sont au contact de clients, dans le relationnel donc et cela concerne beaucouuuuuuuuup de professions.

L’une des fonctions du psychologue est bien évidement son écoute active, c’est son outil de travail principal mais cela ne se limite pas à cela. Le travail du psy est de comprendre finement le fonctionnement de la personne qu’il rencontre afin de l’accompagner à trouver en elle les ressources pour surmonter une situation compliquée.

Et cela passe par:

  • L’écoute active neutre, non jugeante et bienveillante,
  • Une juste distance entre le thérapeute et le patient,
  • Des techniques d’entretiens précises: le questionnement socratique, l’entretien motivationnel, l’alliance thérapeutique, l’association libre,…
  • L’évaluation des difficultés: expertise et connaissance de troubles psychiatriques,
  • Des tests projectifs, des questionnaires ou des bilans psychologiques,
  • Au fur et à mesure, le psy peut également outiller son patient en fonction de sa problématique par le biais de quelques exercices à réaliser en séance et chez soi.

Etre psy nécessite donc une solide formation, régulièrement mise à jour par le biais de formations, et ne se limite pas à l’écoute.

Les psys savent tout et ont réponse à tout.

On est un peu les big boss, quoi. Tout puissants !

savoir et connaissance

Les psychologues sont en effet experts dans leurs connaissances et leur pratique mais le patient est expert lui aussi dans ses troubles et sa problématique. C’est un travail collaboratif qui se tisse entre le psy et le patient. Chacun étant expert de ce qui lui appartient, chacun ayant besoin de l’autre pour avancer.

De ce fait, le psy ne peut pas appliquer la même thérapie à tout le monde, de la même manière. Il doit s’adapter à son patient et trouver ensemble les clés pour surmonter une épreuve difficile. Le psy ne peut pas savoir ce que le patient ne sait pas. C’est une enquête qu’ils vont mener à deux.

Il m’arrive donc en consultation de dire « je ne sais pas mais nous allons le découvrir ensemble ». Cela a aussi le mérite de déculpabiliser le patient qui se dit que si même le pro ne sait pas, il a le droit lui même de ne pas savoir.

Les psys, pfff ! Tous les mêmes.

Ah, je dirais pô non à quelques avantages des psychiatres, moi !

Je sais qu’une profession qui commence par « psy », ça claque. Mais, attention à certains pièges ! Tous les psys ne font pas la même chose et n’ont pas reçu la même formation (ou de formation tout court). Il est nécessaire de ne pas généraliser « les psys » afin de ne pas tout mélanger.

Les psychologues:

Le psychologue est un professionnel qui a fait 5 ans d’étude dans une faculté de psychologie. De par son parcours universitaire, son titre est protégé et sa formation est reconnue par l’Etat. Il possède donc un numéro ADELI.

Il existe de nombreux types de psychologues: psychologue clinicien, neuropsychologue, psychologue social, psychologue du développement, etc… Mais généralement, le psychologue qu’on rencontre pour « régler des problèmes » est un psychologue clinicien. Il propose alors une psychothérapie ou une thérapie de soutien  afin de vous aider à surmonter une période difficile ou une difficulté particulière. En outre, le psychologue est le seul professionnel de la santé à avoir le droit et la compétence requise pour faire passer des tests projectifs et/ou des bilans psychologiques (évaluer les aptitudes intellectuelles ou des caractéristiques de la personnalité par exemple).


A lire aussi: Le top 9 des psychothérapies !


Les psychiatres:

Le psychiatre est un médecin qui s’est spécialisé en psychiatrie. De par son statut, il est donc habilité à poser des diagnostics de troubles mentaux et à prescrire des médicaments. De plus, en tant que médecin, le psychiatre propose des consultations remboursées par la sécurité sociale. Son titre est donc protégé.

Les psychanalystes:

La psychanalyse est une méthode thérapeutique à base d’entretiens non directifs et d’élaboration libre. Installé sur un divan, le patient s’investit dans une cure psychanalytique qui peut parfois durer plusieurs années.

Attention cependant, le titre de psychanalyste n’est pas protégé en France ! Tout le monde peut s’installer comme psychanalyste. Il est donc plus sécurisant de rencontrer un psychanalyste qui soit de formation initiale psychiatre / psychologue ou membre d’une société psychanalytique reconnue.

Les psychothérapeutes:

Les psychothérapeutes proposent tout simplement des psychothérapies. Sont psychothérapeutes les médecins, les psychologues cliniciens et les psychothérapeutes ayant fait leurs études dans une école privée.

Ce titre est reconnu depuis peu et le psychothérapeute doit avoir un numéro ADELI (une plaque d’immatriculation en somme), ce qui vous permet de vérifier le sérieux de leur parcours sur internet.

Les psychopraticiens et autres « psycho-machintruc »:

Le psychopraticien est un « thérapeute »qui n’a pas de diplôme reconnu par l’Etat. Ce titre n’est ni protégé ni contrôlé. Tout comme les psychanalystes, n’importe qui peut ouvrir son cabinet de thérapeute sans forcément avoir fait de formation au préalable.


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Les psys ont une vie hyper-saine et n’ont jamais de problème.

Mon aliment préféré ? Le boulgour bio-végan-gluten free, sans hésitation. Et je ne me suis jamais fâchée contre le SAV de Leroy Merlin. JAMAIS.

Une fois sortis de leurs cabinets, les psys reprennent leurs vies personnelles. Ils peuvent rencontrer des difficultés dans leur vie conjugale, familiale, parentale, professionnelle, etc… Il existe des psys stressés, alcooliques, dépressifs, colériques, psychotiques, qui dansent encore sur la macarena, écoutent du Gims ou qui regardent le Bachelor. Comme dans chaque profession.

Etre psy n’est pas une protection aux difficultés et aux malheurs. Etre psy ne dispense pas d’être suivi soi-même par un psy. Car c’est bien connu, dès que cela nous concerne personnellement, nous oublions tout ce que nous avons appris et sommes dépassés par nos émotions. Il est bien difficile d’avoir une distance professionnelle face à nos propres difficultés, cela ne nous empêche pas d’accompagner nos patients dans leur démarche en parallèle. #LesCordonniersSontLesPlusMalChaussés.

Pour résumer en quelques mots, les psys sont donc des humains ! Ils divorcent, font des dépressions, ne savent pas toujours s’y prendre avec leurs enfants, s’énervent et n’aiment pas parler boulot en week-end ou en soirée.


A lire aussi: Le journal intime d’un psychiatre


Les psys, c’est pour les fous !

C’est celui qui l’dit qui l’est ! Niark niark.

Commençons par un petit débat philosophique: qu’est-ce que la folie et qu’est-ce que la normalité ? Vaste question…

Je dirais qu’il est intéressant de solliciter un psy à partir du moment où on souhaite provoquer un changement dans sa vie ou réduire une souffrance / un sentiment inconfortable de malaise.

Lorsque l’on a épuisé nos ressources, qu’on ne trouve plus de solution à nos problèmes, qu’on a la sensation d’être coincé dans nos difficultés et que les conseils de l’entourage ne suffisent plus, rencontrer une personne neutre peut se montrer utile. Alors, les psys, c’est pour tout le monde ! Pas d’jaloux.


A lire aussi: Quand consulter un psy ?


Alors pour résumer, que l’on soit plombier, fonctionnaire, prof, gendarme, banquier, fleuriste, chaque métier a une représentation dans l’imaginaire collectif. Ces représentations, pas toujours exactes, peuvent parfois être très drôles et rassurantes mais peuvent aussi porter préjudice. C’est pourquoi je vous ai proposé aujourd’hui de faire un tour sur les plus gros clichés concernant les psychologues afin de démonter les idées reçues sur ce magnifique métier !

Et pour vous, quels sont les clichés rattachés aux psys ?


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13 commentaires

    • Line Mourey

      Merci beaucoup Lucie pour ton retour si enthousiaste ! J’espère informer sur le métier en faisant un peu sourire au passage 😉
      J’aurai tellement aimé accompagner ce petit billet humoristique par des vignettes, des petits dessins qui illustrent ma pensée !

    • Line Mourey

      Dur parfois, de toujours laisser dire 😉 Je pense que les idées préconçues viennent d’une méconnaissance ou d’une peur ! En parler ouvertement peut faire changer les choses ! #Naive

    • Line Mourey

      Ahah ! Sûrement !
      Pas plus tard que la semaine dernière, je me présente à une ado et sa réaction m’a fait rire « QUOI ?! Vous ne pouvez pas être psy, vous êtes beaucoup trop jeune ». 😀

  1. Salut Line,

    Bon, je me confesse ma première pensée face à un·e psy que je rencontrerais dans ma vie de tous les jours serait probablement « oh mon dieu, faut que je surveille ce que je dis » (oups). Mais je pense que j’ai ce genre de pensées (et sûrement d’autres aussi, non ?) pour pleins de métiers ou de choses qu’une personne aimerait faire de façon générale genre « faut que je surveille mon langage face à un·e prof », « si j’invite un chef ou une cheffe il faut que mon repas soit délicieux », « ah ouais, t’es comptable, tiens ça tombe bien je me demandais justement…. ».

    Pour ma part, le cliché que j’ai le plus souvent entendu sur les psy c’est que c’étaient des personnes « dérangées » qui cherchaient des réponses à leurs propres comportements/émotions.

    J’ai beaucoup aimé ton article que j’ai trouvé drôle en plus d’être intéressant, c’est toujours chouette de réfléchir/rire/déconstruire un peu nos stéréotypes 🙂

    • Line Mourey

      Merci Camille pour ton retour !

      Tu soulèves un cliché que je n’ai pas développé et pourtant, tu as raison, il est très présent: « les psys sont eux même dérangés ». Mais généralement, c’est plutôt quelque chose qu’on voit à la fac et ces personnes partent en licence et ne poursuivent pas le cursus 😉

      Souvent, quand les personnes que je rencontre au cabinet sont à l’aise dans la relation, les « gros mots » sortent. Ils s’en excusent mais je leur dis qu’il n’y a aucun souci. Le langage sort spontannément, c’est déjà bien ! C’est que la relation est installée et qu’on peut travailler. 🙂

  2. Bonjour Line,

    J’ai adoré lire ton article, ta façon d’écrire est tellement claire et agréable. J’ai été suivie des années par des psychologues/psychiatres, et heureusement que je n’avais pas ce genre de clichés en tête 🙂

    Bises

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